Je me souviens très précisément de ce jour-là (et heureusement...). Je repassais tant bien que mal avec mon gros bidou qui me gênait toutes les trois secondes. En fin de journée, j'avais mal au ventre, au dos, à la tête! Super le repassage, j'en avais trop fait et ma cocotte me le faisait sentir. Le soir, j'avais encore mal. Ahlala, qu'est-ce qui se passe donc??? Je vais accoucher, noooooooooonnn, pas maintenant, je suis juste à la date présumée d'accouchement (hum hum). Finalement, en me couchant, c'était pire. Mais je ne pouvais pas croire que c'était le moment. Nicolas m'a dit : "à la prochaine contraction, on y va". Trois minutes après, on se levait.
Je passe aux toilettes avant et je remarque que je perds du sang. L'angoisse! On file à l'hôpital, on m'examine, on me dit qu'il y a un centimètre d'ouverture et moi je demande : "c'est pour aujourd'hui ou j'en ai encore pour une semaine?" L'infirmier a bien rigolé. On est rentrés à la maison pour, soi-disant, se détendre. J'ai pas de baignoire et il ya des escaliers partout. Je me suis donc posée et j'ai attendu devant la télé avec Nico. Tout le reste de la nuit, je me crispais toutes les cinq minutes. A six heures, on y retournait. Et à sept heures, j'étais en salle d'accouchement. C'est là que j'ai commencé à avoir très très très mal
La gynéco m'avait tellement blablater que la péridurale était nécessaire et patati (moi je ne la voulais pas) que je l'ai faite. J'avais un gros bébé, y paraît. Et bien, je vous jure que ça fait mal la péridurale. Les heures qui ont suivis étaient terriblement ennuyantes, je ne sentais plus rien, je dormais, je causais avec mon amoureux qui ne savait quoi faire. Les infirmières se relayaient, les stagiares aussi. Parfois sympas, parfois froides et indifférentes. Finalement, une infirmière toute triste (c'est moche pour un service maternité...) m'a dit d'un coup que j'allais accoucher dans peu de temps, puis elle s'est barrée! La péridurale ne faisait plus aucun effet sur la douleur. J'avais donc vraiment super mal. Comme si le bas de mon corps allait se détacher du reste. J'étais seule avec Nico, je m'affolais, je ne savais pas quoi faire, comment respirer, me calmer.
La gynéco est arrivée en plein milieu de l'accouchement. Elle s'est couchée sur moi, puis voyant que je m'évanouissais sans arrêt, a attrapé ses ciseaux, j'ai entendu coup coup, la ventouse et hop, trou noir! LE trou noir au moment précieux de la découverte tant attendue. Après quelques secondes, je suis revenue à moi et j'ai vu ENFIN ma belle petite fleur, encore toute recroquevillée, toute mauve, toute petite! Je l'ai attrapée presque agressivement pour la poser sur mon ventre. Elle me regardait déjà... Nico a coupé le cordon, tout paumé, tout ému. A peine deux minutes après, une stagiaire me l'a prise pour la laver et l'habiller. Je la cherchais du regard, je voulais sauter de la table pour la prendre. La gynéco m'a recousue, silencieuse, et avec habitude. J'avais mal, je m'en foutais. Après des années-lumière d'attente, je l'ai eue dans les bras, l'ai mise au sein et ne l'ai plus quittée...

Presque 4kg et 55 cm. De grands yeux et d'immenses doigts de fée. Je tombais amoureuse

de mon bébé!!
J'ai un mauvais souvenir de cet accouchement. Jele voulais à l'opposé de ça. Mais voilà, je me suis laissé convaincre comme un mouton... Maintenant, je m'en veux de mon comportement. J'aurais voulu suivre des cours de préparation à l'accouchement, mais pas à l'hôpital (comme j'ai fait et qui ne m'a servi à rien). J'aurais voulu être accompagnée concrètement et par une seule personne. Je n'étais pas en confiance et c'est super moche pour un moment aussi intense. Je ne sais pas si c'est lié mais j'ai mis des semaines à réaliser mon nouveau statut de maman!!!
Voilà le récit d'Elsa!