Attention, post long et qui ne s'adresse finallement à personne. J'ai juste besoin de vider mon sac et je ne veux pas embêter mon entourage avec mon mal être....
J'en ai rêvé pendant des mois, voir des années...
Une naissance naturelle à la maison avec une sage-femme en laquelle j'aurai toute confiance... et mon mari que j'imaginais peut-être un peu stréssé mais fort pour nous deux. Parfois je me disais qu'il risquait de flancher mais je le laissais libre de sortir à tout moment, je savais que je ne lui en voudrais pas.
J'étais prête à tout, les souffrances, le stress, les cris, les larmes. J'imaginais nos premiers regards, avec mon mari, avec notre bébé...
En fait, j'avais tout prévu et imaginé.... Sauf ça...
Ma sage-femme avait abordé le sujet avec moi et j'en avais parlé avec mon mari, mais au fond de moi, je refusais que ça puisse arriver.
ça, c'est l'accouchement à l'hôpital.
Pourtant, au début tout allait bien.
4h30, il fait nuit ce 29 décembre, j'ai des contractions. Rien de douloureux mais ça m'empêche de dormir. Je ne suis pas sûre que ce soit les bonnes mais comme je ne peux pas dormir, autant me lever.
La journée passe, les contractions continuent, cette fois pas de doute ce sont les bonnes. Je ne souffre pas, je m'ennuie et je m'apperçois que j'ai quelques courses à faire alors avec petit mari nous sortons faire du shopping.
16h, je commence à souffrir un peu mais c'est tolérable. Ma sage-femme, C. , arrive. Sa présence me fait me sentir mieux.
Mais quelle déception quand elle m'annonce que je ne suis dilatée que d'un cm. Elle me prévient que comme j'ai énormément d'eau je risque de souffrir beaucoup si la poche des eaux se rompt. Mais je me dis que ça en vaut la peine.
C. repart en me disant qu'on se revoit à 20h. Entre temps, la poche s'est rompue. C. n'avait pas menti, la douleur est terrible. Mais je tiens bon, le bébé est presque là.
20h, C. s'aperçoit que le travail n'a pas avancé. Je me décourage un instant, mais je ne veux pas craquer.
C. décide de me laisser un peu de temps, elle me soutient, m'encourage. Mon mari m'impressionne, je pensais qu'il serait en retrait et il est présent,prend tout en mains, même quand subitement je me mets à vomir. Il ne fuit pas, au contraire! ça m'aide tellement.
23h30, C. s'inquiète, le liquide amniotique est teinté, elle décide de faire un monitoring sur 1/2 heure. Le premier 1/4 d'heure la rassure, le bébé va bien. Et puis tout décline. Le bébé va mal et je n'en suis qu'à 3 cm, on doit partir... Il est minuit.
5 mn plus tard, nous voici à la clinique (j'habite juste à coté).
C. n'est pas autorisée à rester, l'obstétricien est contre les AAD....
Je souffre terriblement, je suis inquiète, mon bébé va mal, j'ai envie de pleurer mais je tiens bon parceque mon mari est à mes cotés. Chaque contraction me fait hurler de douleur, le monitoring indique qu'elles sont extrèmement fortes et pourtant le travail n'avance toujours pas. et cette péridurale qu'on attend mais qui n'arrive pas.
Une heure et demie plus tard, l'anesthesiste arrive enfin, un café à la main. Pas préssé du tout celui là. Normal, " de toute façon elle avait prévu un AAD, donc pas de péridurale, je vois pas pourquoi je devrais me presser pour elle".
Bien que mon bébé ai été en souffrance, le monitoring était mal positionné et ne cessait de glisser. Personne ne s'est soucié de ne pas avoir de données, de toute façon personne ne venait nous voir.
Quand enfin quelqu'un est venu, ça a été pour me dire comment me positionner. J'ai refusé, on m'y a forcée. Je voulais garder les jambes en bas, je n'ai pas pu et du coup je n'ai pas eu la force de pousser. Quand enfin j'ai commencé à y arriver, on m'a parlé, détruit ma "bulle", et je n'ai pas pu reprendre. L'obstétricien m'a préssé le ventre de tout son poids, pour rien. J'étais vidée de toute mon energie, abattue de ne pas être entendue alors que j'étais si près du but.
Il faudra attendre 5h10 le 30 décembre (presque 25 heures), des forceps et une épisio de 6 cm pour enfin voir notre enfant.
Et encore, on ne l'a pas vu tout de suite car il a été emmené aussitôt pour des "soins". J'ai eu le droit à une révision utérine, et puis on nous a laissés seuls avec notre enfant pendant 2 heures. A cet instant, j'étais heureuse qu'on nous laisse seuls pour faire connaissance tranquillement. Seulement par la suite, on a découvert qu'un morceau de placenta était resté dans mon utérus. J'aurais pu faire une hémorragie sans que personne ne s'en rende compte. Par ailleurs, alors que la sage-femme avait demandé à mon mari si je voulais allaiter, personne n'est venu nous proposer de l'aide. Heureusement, nous avons su nous débrouiller seuls.
Nous avons décidé de partir le jour même mais on nous a dit que le bébé avait une jaunisse et on nous a "obligé" à rester une nuit. Séparés de mon mari car non autorisé à rester après 20 heures. On nous a avoué le lendemain qu'en fait il n'avait rien, et nous sommes partis. C'est C. qui s'est occupé du suivi à la maison les jours suivants. Depuis, tout va mieux.
De toute cette triste histoire voici ce que j'en retire:
J'ai la sensation qu'on m'a "volé" la naissance de mon enfant, je me sens mutilée et trahie par cet obstétricien qui m'avait affirmé que ma cicatrice ne faisait que 2 cm et demi alors qu'elle en fait 6.
J'en veux à l'anesthésiste qui a mis 1h30 a se déplacer alors qu'il était sur place et disponible uniquement parceque j'avais un projet d'AAD.
J'en veux au pédiatre qui nous a menti, nous forçant à rester une nuit inutile, séparés pour la première fois de notre vie. Nuit que j'ai passée à pleurer sans que personne ne s'en souci.
Mais il y a du positif aussi:
L'amour que j'ai pour mon mari s'est encore intensifié. Je me rend compte que je peux compter sur lui au delà de ce que je pensais.
J'ai échappé de justesse à une césarienne grace à mon mari qui m'encourageait à ne pas craquer et à l'obstétricien qui a fait tout ce qu'il a pu pour me permettre de pouvoir retenter un AAD en cas de nouvelle grossesse. Et pourtant, il est contre ce projet. Belle preuve d'intelligence.
J'ai maintenant la preuve qu'il n'est pas plus dangereux d'accoucher chez soi qu'a l'hopital. Il m'a fallu 5mn pour m'y rendre, 1H30 pour être réllement prise en charge sur place alors qu'ils savaient que mon bébé était en souffrance et on a été mieux suivi à la maison que sur place.
Ensuite, j'étais certaine qu'il fallait faire confiance à son instinct, et j'ai réalisé que j'avais raison de le faire.
Pour finir, mon bébé va très bien, il est magnifique et très calme. Mon couple est encore plus fort, et moi je remonte la pente assez vite.
Voilà, j'ai mis un point final à cet accouchement que j'ai raté.
Je me sens mieux de l'avoir écrit, je vais pouvoir aller de l'avant.... et rêver à un nouvel AAD, qui sait?
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Je vous souhaite une belle journée pleine de bonheur à toi que je connais, et à toi, Invité que je ne connais pas...