Vous trouverez ici la thèse que j'ai soutenue le 3 avril 2006 pour obtenir le grade de docteur en médecine générale, qui s'intitule :
"Place du médecin généraliste dans l'accompagnement de l'allaitement maternel" http://theseallaitement.free.fr/J'ai réalisé
une étude mettant en parallèle un questionnaire auquel ont répondu des médecins généralistes , et un autre auquel ont répondu des mamans (dont certaines de ce forum

) , afin de faire un état des lieux de la prise en charge de l'allaitement maternel dans les cabinets de ville.
Inutile de préciser ici que les points de vue des 2 parties divergent de façon assez spectaculaire !
Cela met en évidence la nécessité de revoir la formation des médecins en matière d'allaitement.
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Dans la partie théorique :J’ai repris les
principaux textes qui encadrent l’allaitement maternel de 1981 à 2006.
Il y a dans la bibliographie des liens vers les textes complets pour la plupart d’entre eux.( Sur le plan pratique, je donne notamment les recommandations de l’AFSSA de 2006 sur la
conservation du lait de mère. )
-Textes internationaux
Code International de commercialisation des substituts du lait maternel (1981)
Déclaration conjointe OMS/UNICEF (1989)
Déclaration d’Innocenti (1990)
Initiative Hôpitaux Amis des bébés IHAB (1992)
Données scientifiques relatives aux Dix Conditions pour le succès de l’allaitement (1999)
Stratégie mondiale pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (2002)
Autres textes incluant des dispositions sur l’allaitement maternel
-Textes français
Etat des lieux du Droit français en matière d’allaitement
Programme National Nutrition Santé PNNS (2000-20005)
Recommandations de l’ANAES sur la mise en œuvre et la poursuite de l’allaitement (2002)
Recommandations de l’ANAES sur les sorties précoces de la maternité après l’accouchement (2004)
Rapport du Comité Nutrition de la Société Française de pédiatrie (2005)
Référentiel d’auto-évaluation des pratiques professionnelles de la HAS (2005)
Recommandations de l’AFSSA sur la préparation des biberons (2006)
J’ai également essayé de préciser les
principaux organismes intervenant sur le sujet de l’allaitement, au niveau international, en France et à l’échelon local.
J’ai repris les bases de
physiologie de la lactation, sans lesquelles on ne peut pas comprendre le principe d’allaitement à la demande, et conseiller de façon efficace un femme qui allaite.
J’ai fait une partie concernant la
prescrition médicamenteuse pendant l’allaitement.
Les parties suivantes s’intitulent :
-Combien de temps peut-on recommander l’allaitement maternel ?
-Pourquoi est-il recommandé d’allaiter 6 mois et plus ?
-Pourquoi les enfants ne sont-ils pas allaités 6 mois et plus actuellement ?
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Morceaux choisis dans la partie « Discussion » :
« Lors de mes interventions pendant les soirées de FMC (formation médicale continue) , l’accueil que j’ai reçu a été plus ou moins chaleureux. L’attitude des participants a été très variable, allant de l’intérêt manifeste, avec encouragements pour mon travail et la promotion de l’allaitement en général, à la franche impolitesse avec remarques misogynes à l’appui et travail tourné en dérision. »
« Tous médecins confondus, ils sont 76% à déclarer informer leurs patientes sur l’allaitement maternel lorsqu’elles consultent pendant la grossesse.
Lors de la (des) consultation(s) pendant la grossesse, quel que soit le motif, 86% des femmes disent que la question de l’allaitement n’a
pas été abordée. »
« Le rôle du médecin généraliste pourrait être d’aider la future mère à se poser les bonnes questions au bon moment, et de la guider dans son cheminement en lui apportant des informations objectives et validées.
Le faire de but en blanc lors d’une consultation pour une pathologie intercurrente me semble inopportun ; il me semble plus approprié que le médecin saisisse effectivement cette occasion pour poser la question du mode d’alimentation de l’enfant à naître, ouvrant ainsi le dialogue et générant peut-être de nouvelles interrogations.
Il pourra alors proposer à la future mère de revenir le voir pour parler spécifiquement de ce sujet si elle en ressent le désir ou le besoin, ou lui donner les coordonnées de correspondants à qui elle pourra s’adresser, si le médecin ne souhaite pas entrer dans cette démarche d’accompagnement lui-même. »
« Un autre élément à prendre en compte pour expliquer cette discordance est que les femmes qui allaitent « un certain temps » (ce temps dépend de la norme tolérée par leur interlocuteur : Cf. Annexe 11) ont parfois tendance à ne pas le dire, de peur de provoquer des remarques négatives ou culpabilisantes (elles sont six à l’avoir mentionné dans les commentaires libres : « Je préfère mentir pour ne pas avoir de remarques, sauf si c’est indispensable comme lors d’une prescription » ). Elles préfèrent dire que l’enfant est diversifié, prend des compléments, des céréales… pour coller aux habitudes du praticien lorsque celles-ci sont connues, plutôt que d’« avouer » que leur enfant est encore exclusivement allaité à 6 mois.
Cette attitude est préjudiciable pour le suivi du couple mère-enfant, pour la relation de confiance médecin-patient, et également pour un retour à une culture de l’allaitement pratiqué sereinement… Malheureusement, elle est encouragée indirectement par les paroles ou attitudes de certains praticiens, comme en attestent certains témoignages (Cf. Annexe 11). »
« On constate que les cas pour lesquels les médecins ont jugé nécessaire de faire appel à un correspondant restent assez spécifiques. Il semble, à leurs réactions lors de mes interventions et à la lecture des résultats, que les généralistes n’envisagent pas que l’allaitement maternel puisse être un domaine spécialisé. Il serait intéressant de savoir combien de généralistes ont connaissance de l’existence du Diplôme Universitaire de Lactation Humaine… »
« Il est inquiétant de constater que, parmi les médecins qui ont eu une influence sur l’allaitement de leur patientes, cette influence est considérée comme négative à 55%… »
« La place du médecin a changé, il ne devrait plus être celui qui ordonne, persuadé de détenir la vérité, mais celui qui informe, en tenant compte de la personne qu’il a en face de lui, de sa situation propre et de ses besoins. »
« Je pense que le médecin généraliste n’a pas à être un « militant pro-allaitement ». Il me semble que son rôle est de conserver une neutralité bienveillante vis à vis de ses patient(e)s. Malheureusement on a encore trop vite fait de taxer « d’extrémiste » un professionnel de santé qui ne fait que diffuser les recommandations officielles en matière de durée et de bénéfices attendus de l’allaitement. »
« Je ne pense pas non plus que tout médecin généraliste devrait avoir une formation de consultant en lactation. L’activité libérale telle qu’elle s’exerce aujourd’hui ne laisse en effet pas le temps nécessaire (sauf horaires volontairement aménagés) pour ce type de consultation.
Je pense que le principal devoir d’un généraliste est de se former pour être en mesure d’informer (et ce quel que soit le domaine), mais cette formation doit rester cadrée avec sa pratique. »
« Du côté des patients, je pense qu’il est grand temps également qu’ils cessent d’attendre de leur médecin plus qu’il ne peut leur apporter. Le médecin ne peut plus posséder aujourd’hui un savoir approfondi dans tous les domaines (car l’allaitement maternel reste, malgré tout l’intérêt qu’on peut lui porter, un domaine parmi tant d’autres auxquels les médecins sont confrontés dans leur pratique). Aux patients donc, de se responsabiliser, de s’informer et de contribuer à l’élargissement du champ de compétences de leur médecin, si celui-ci a l’esprit assez ouvert pour accepter ses limites et apprendre de et avec ses patients… »
Voilà, pour situer l'esprit de mon travail
