Voilà le récit de la naissance de mon ouistiti, il y a bientôt 2 ans...
Anne est la SF qui nous a accompagné dans l'aventure de l'AAD et Christine, la SF hapto avec qui nous avons fait la prépa...elles sont amies.Mardi 16 octobre 2007 : Après quelques jours de calme, je suis réveillée tôt le matin par des douleurs vives dans le ventre ( comme des règles assez douloureuses ), Flo part au travail, je me rendors…
8h20 : cette fois ci, je suis réveillée par une douleur encore plus vive, je n’arrive pas à rester allongée je me lève, et préfère m’activer un peu…pour ne pas trop me concentrer sur la douleur…je fais le lit, je range un peu l’appart, met une machine, fais ma vaisselle de la veille…
10h20 : je pense que c’est pour aujourd’hui j’ai des contractions très douloureuses toutes les 20 minutes... 15 MINUTES…whaoooo.
10h40 : j’appelle Anne…je lui dis que c’est le bon jour, que pour l’instant ça va, je la rappellerai dans un p’tit moment… J’appelle aussi le papa…il répond tout essoufflé :
« oui, oui ??? ca va ??? Qu’est ce qu’il y a ?? »Je lui explique que c’est surement pour aujourd’hui, il rigole, il semble super heureux mais un peu chamboulé…
Pour l’instant je ne ressens pas le besoin que l’un ou l’autre ne vienne, je lui dis de continuer tranquillement son boulot, je le tiens au courant.
13h : Je me décide à faire une tarte ( Tarte tatin d'automne : Pomme, poire, miel, marron...miiiiam ! ), je monte vite fait entre 2 contractions chez ma voisine pour lui demander son plat à tarte, j’ai cassé le mien il y a quelques semaines…
Je contracte maintenant toutes les 10 minutes à peu près.
14h23 : Les contractions s’allongent, s’intensifient et l’espace entre se raccourci…7 à 10 minutes…
Je téléphone à ma maman, j'aimerais avoir un peu de compagnie mais pas besoin de demander à Flo de quitter son travail maintenant, je le laisse finir sa journée...
J’épluche mes pommes et mes poires entre deux contractions et je m’agenouille par terre dans la cuisine et me balance à l’aide du tabouret quand elles arrivent, je me sens détendue.
14h 30 : Maman arrive, elle mange car elle sort du boulot et m’aide à ranger quelques trucs…
Ca se raccourci encore toutes les 7 minutes par là.
15h45 – 16h : Flo arrive, je lui demande de prendre vite sa douche avant que je me fasse couler un bain…en attendant, maman m’aide à finir la tarte car je ne suis plus en état de le faire seule…
Papa passe un peu pour m’encourager et me voir une dernière fois avant que bébé arrive…ça me fait du bien, ils prennent tous les 3 ( mes parents et flo ) le gouter à coté, on raconte des bêtises et rigole entre 2 contractions, j'apprécie de passer ce moment de détente et de partage avant de "rentrer dans ma bulle"...
Au bout d’un petit moment je commence à contracter toutes les 4-5 minutes, je décide d’aller dans un bain chaud que Flo me fait couler pour m’aider à mieux supporter la douleur...
Là j’y reste un bon moment, Flo vient à deux reprises vider une bouilloire d’eau bouillante pour réchauffer l’eau qui refroidit un peu.
Je lui demande de rester à coté de moi, assis a coté de la baignoire, à chaque contraction je me balance de droite à gauche, ça me soulage au niveau du bassin que je sens travailler durement…Je supporte difficilement qu’il me touche ou me parle dans ces moments, j’ai juste besoin d’une présence.
Quand la contraction passe il me caresse les cheveux, je m’endors à moitié la tête posée sur le bord de la baignoire.
Il doit être
19h peut être plus, niveau douleurs ça va encore ( contractions toutes les 2 ou 3 minutes ), mais là-dessus viennent s’ajouter des vomissements qui me tordent l’estomac ( je n’ai qu’un verre de jus d’orange et une barre de céréales dans le ventre depuis le matin, je n’ai pas eu trop d’appétit aujourd’hui ), je demande donc à Flo d’appeler Anne, car je ressens le besoin qu’elle soit là maintenant.
Je l’entend au tél, elle lui dit que les vomissements sont plutôt bons signes, que ça montre bien l’avancement du travail…Elle se met en route et sera là bientôt…je ne suis pas pressée mais contente de savoir qu'elle prend la route.
Je ne me sens plus à mon aise dans la baignoire, je veux plus d’espace, je demande à Flo ou maman je ne sais plus trop de m’aider à sortir, ça devient encore plus fort, je veux aller dans le salon mais je n’arrive pas à marcher jusque là bas alors je m’arrête en route dans notre chambre, je vais sur le lit, je me met à quatre pattes et à chaque contraction j’engouffre ma tête dans les oreillers pour gémir sans trop faire de bruit
( et oui à cet instant je suis encore assez sur terre pour faire gaffe à ça, ce qui ne sera plus le cas plus tard !!! hé hé ) et me balance d’un coté et de l’autre…
Anne arrive après un petit moment, vers
20h30…je suis contente, je commençais à avoir vraiment besoin d’elle !
Je lui dis que les contractions vont encore mais que j’ai vraiment trop mal dans le bassin, je me sens comme écartelée…là elle me montre comment mobiliser mon bassin, à chaque contraction, je dois rouler mon bassin en une sorte de 8, c’est dingue, pfiouuuuu, quel soulagement !!!!
Je suis toujours à quatre pattes sur le lit, elle m’aide à faire cette « danse » à chaque fois car je commence à avoir nettement moins d’énergie et n’y arrive plus seule, elle montre à Flo comment faire et ils se relaient pour m’accompagner dans cet exercice …
Je la suis aussi dans une sorte de vocalise, des sons graves, rhoooooooooooooo, hommmmmmm, ça donne un peu ça ! Elle le fait en même temps que moi…je me sens accompagnée…
Christine, ma deuxième sage femme arrive dans la soirée…ils se relaieront tous les 3, tout le travail pour m’aider à supporter la douleur de cette manière car je ne supporte pas de rester sans bouger mon bassin…je crois que les douleurs du bassin et des reins me sont d’ailleurs plus insupportables que les contractions elles même…Ca irradie jusqu'à dans les jambes.
Flo s’absente de la pièce assez régulièrement, il s’occupe de faire à manger pour les sages femmes et d’autres choses, je ne comprends pas trop quoi car je suis dans ma bulle…
Anne me propose de voir où j’en suis... je refuse, je n’ai pas envie qu’on me tripatouille, et puis ca m’est égal de savoir où j’en suis…Je ne veux rien qui puisse me faire sortir de cet état, j’ai peur de ne plus réussir à supporter aussi bien la douleur par la suite.
Là au niveau des heures, ça devient plus complexe, je n’ai plus trop de repère…les événements ne sont sûrement pas dans l’ordre…
Je ne supporte plus que mon homme parte ne serait que 5 minutes, j’ai besoin de lui, il me rassure, sa présence devient indispensable …
Anne me propose à plusieurs reprises de regarder où j’en suis au niveau de la dilatation, je l’ignore, fais comme si je ne l’entendais pas car je n’ai pas envie…Elle rigole car elle voit bien que je suis bien dans mon truc et dis à Christine que je sais vraiment ce que je veux ou plutôt ce que je ne veux pas, que même avec de telles douleurs, je ne lâche rien…
Je m’endors presque entre les contractions, je suis dans un rythme particulier, deux « petites » contractions rapprochées et une très grosse mais qui me laisse plus le temps par la suite, temps pendant lequel je m’endors presque à chaque fois, ça m’aide bien a récupérer !
Flo me masse le bas des reins dans chaque phase de « repos », ça fait un bien fou.
Anne me propose de marcher un peu, de changer de position mais impossible la seule dans laquelle je me sens bien c’est à quatre pattes.
Vers 22h par là je pense, je commence à ressentir une envie de pousser quand les contractions arrivent, Anne m’encourage, elle me dit de suivre mon envie, de l’accompagner, Christine me dit de bien" rester avec mon bébé", elle passe sa main sur mon ventre mais je supporte plus qu’on me touche le ventre, je râle un peu…
Là pendant un long moment, je vais pousser, mais sans grande conviction, je ne me sens pas prête à laisser aller mon bébé, je veux le garder encore en moi, je vis un peu mal que ca se finisse déjà…D’ailleurs pendant toute cette phase, je ne me sens pas très bien, j’ai une sorte de blues, j’aimerais que tout s’arrête, prolonger cette état de plénitude qu’a été pour moi la grossesse.
Anne écoutera à 3 reprises le cœur de Mattian, 145- 145- 135 pulsations /minute à peu près à chaque fois…Elle, Christine, Flo et maman rigoleront du fait que bébé soit pénard comme si de rien était…les choses se passent en douceur, bébé est encore protégé par la poche des eaux.
Les heures défilent, Anne me dit que cette fois il va vraiment falloir qu’elle regarde où j’en suis…car je pousse dans « le vide » depuis un très long moment…je grogne un peu mais c’est OK …Tant bien que mal, je descends du lit, je reste un moment à genoux, les bras en appuie sur le bord…ensuite je m’adosse à Flo, sur le dos donc, là je gémis, ça fait un mal de fou !!!
Je ne supporte pas de rester comme ça…ça me fait trop mal, mais j’ai mal aux genoux et suis fatiguée de rester dans ma position de départ, puis Anne veut voir où j’en suis…elle regarde, ça me fait assez mal, je gémis un peu… je suis à dilatation complète, la tête de bébé est là, elle me dit que c’est bon, qu’il arrive…Qu’il faut que j'accompagne mon bébé vers la sortie.
Je pousse pendant très longtemps toujours dans cette position, quand la contraction arrive j’adopte une méthode que Christine me montre pour être efficace lors de la poussée et quand elle se termine Anne me prend les jambes et les étends sur elle, elle me fait des massages avec un peu d’huile d’olive sur les cuisses car la douleur irradie jusque là…ça me fait beaucoup de bien, je me sens en sécurité, entourée…maternée.
Par la suite, maman m’expliquera que le tableau valait vraiment le coup, Flo était derrière moi, Anne et Christine allongées toutes les deux sur le lit à coté de nous, et quand je finissais une contraction, tout le monde s’assoupissait pour se réveiller à la suivante…une naissance à visage humain…telle que toutes devraient être , une transmission de femmes à femmes…c’est comme ça que je le ressens sur le moment, j’ai pensé plusieurs fois à faire un ANA ( accouchement non assisté )…je me dis que je n’aurais pas pu aussi bien « gérer » sans elles…elles forment une sacrée équipe !!!
A plusieurs reprises, je me sens comme partir, je n’ai rien dans le ventre depuis le matin, et même je bois régulièrement je vomis souvent…Anne demande du sucre pour me booster un peu…je jette un peu Flo qui me « harcèle » un peu à chaque fin de contraction :
« Tiens chérie, croques un bout de sucre. » En me le fourrant presque dans la bouche lol
« Arrête ! Tu me gonfles avec ton sucre !!! » ( Anne & Christine rigolent, Flo aussi et il arrête enfin de me le proposer ! )
Elles m’encouragent toutes les deux, ainsi que mon homme qui me dit que je suis forte, qu’il est fière de moi, que je me débrouille bien…j’ai l’impression d’être un sportif en pleine compétition…ça m’amuse un peu ( tant qu’on peut être amusé dans un tel moment… )
Les choses s’intensifient, les contractions se rapprochent vraiment, je n’ai plus beaucoup le temps de reprendre des forces entre…je commence à me sentir vraiment fatiguée…
Un coup je pousse bien, un autre coup je pousse « mal » c'est-à-dire que je pousse pour me soulager mais non pas pour faire sortir mon bébé que je continue à vouloir garder en moi plus ou moins consciemment…Puis j’ai assez peur d’être déchirée, ça n’aide pas à bien pousser au contraire je fais de la poussée-rétention si je puis dire…d’ailleurs, la position que j’ai est vraiment significative de ma « non envie » que bébé naisse de suite car JE NE VEUX PAS accoucher sur le dos mais j’y reste tout de même, comme pour dire « je ne peux pas accoucher maintenant, je n’ai pas la bonne position »…
Vient un moment où Anne comprend que je pousse sans but de sortir mon bébé, elle me « secoue » un peu, me dit que mon bébé est rentré, maintenant il faut qu’il sorte, que je ne peux pas le garder indéfiniment , qu’il est temps de le laisser naître…ce qui me permet de me l’avouer à moi-même, mettre des mots sur mon ressenti et devenir enfin plus efficace…là je me dis « allez cocotte, maintenant tu te jettes à l’eau !!! »
Je continue de pousser, encore et encore, j’encourage mon bébé, je lui dis que c’est le moment, qu’il faut qu’il m’aide, ça ne vient pas, pourtant je ressens fort cette envie, ce besoin de pousser…Anne me dit que ma vessie bloque peut être, que je devrais essayer d’aller faire pipi…ou de marcher un peu…je me lève et à l’aide de Christine, je vais dans la salle de bain…
j’ai très mal, je me sens de plus écartelée de l’intérieur…je sens mon bassin travailler fort…Je m’assoie sur les WC, je me concentre et pousse pour faire pipi, mais je n’y arrive pas, c’est bloqué…je pousse encore plus fort et là, je sens la tête de bébé qui s’engage d’un coup vers la sortie…ouhhhh je regarde Christine qui est en face de moi et je lui dis « vite !vite ! Il arrive ! »
Elle me demande où est ce que je souhaite aller, je lui demande d’aller chercher la couette et les draps que mon homme a disposé sur le sol dans le salon ( là où je me voyais accoucher au départ…), elle file chercher tout ça, installe tout à coté de la baignoire, Anne regarde, la tête est bien là, mon bébé va naître, ca y est !
Je lui dis que je veux un tabouret pour mon homme, elle place le tabouret derrière moi, il s’y assoie et je me met entre ses jambes, accroupie, il me soutient sous les bras, et là commence les « vrais » poussées, celles que je décide enfin d’accompagner à fond pour mettre au monde mon trésor, ca y est, maintenant je veux qu’il sorte, je veux le toucher, je me sens prête…
C’est étrange car je supporte difficilement les espaces clos, ou très petit…et là, j’accouche dans la salle de bain coincé entre la baignoire et le plan de travail, et pour la première fois je me sens en sécurité du fait du peu d’espace, je me sens contenue…Ca m’aide à ne pas me disperser…je ne sais pas trop l’expliquer…
Je pousse pendant 20 minutes par là, je sens la tête qui avance davantage à chaque fois…je regarde maman qui est en face et je lis la fierté dans ses yeux pleins de larmes…ça me donne du courage…Flo me fait des bisous sur la tête et me dis que je suis super forte, qu’il faut que je continue comme ça…je me sens dans une bulle pleine d’amour et de réconfort…
En pleine phase d’expulsion les contractions se stoppent un moment quelques minutes…comme le calme avant la tempête…je rentre dans un état second, je divague, je me berce et me met à chantonner l’air d’une berceuse…je m’auto-rassure, je sens que c’est la fin, que ce sont mes dernières minutes avant que mon bébé arrive…Plus rien n’existe autour de moi…( j’ai d’ailleurs du demande confirmation à mon homme que tout ca s’était bel et bien passé car je n’en étais même pas sûre ! )
Et là d’un coup je sens une contraction énorme arriver, ça me chauffe dans tout le corps, ça serre de partout, et une vive brûlure arrive au niveau de mon périnée…je suis étonnée par la puissance qui se dégage de tout ca, c’est doux et extrêmement violent à la fois…je sais que là c’est une histoire de secondes, je retrouve cette même brûlure décrit tant de fois dans ces récits d’AAD que j’ai lu…
Je demande à Anne de me mettre un gant de toilette chaud sur le périnée…ça me fait trop mal.
Je pousse de toutes mes forces ( je ne sais pas où je suis allée les chercher car je pensais être en rupture de stock !! ) Anne me dit qu’il va falloir pousser encore plus fort, la brûlure devient encore plus franche, là je sens tout lâcher à l’intérieur, je comprend que je viens de me déchirer…Puis je sens glisser la tête, Anne me dit « touches, regardes, ton bébé est là, touches sa tête »
Je touche, c’est tout mou, c’est la poche d’eau qui ne s’est pas encore rompu…
Et là chplock !!! Elle se perce, c’est tout chaud, ca fait beaucoup de bien…
La tête sort d’un coup suite à la rupture, j’entends mon homme répéter sans cesse « rhen c’est fou, rho la la, il est là » et je pousse encore une fois, je sens ses épaules, Anne et Christine sont toujours là à m’encourager, me dire que je m’en sors bien, elles me disent de l’attraper, je tends mes bras et je glisse mes mains sous ses aisselles, je l’accompagne le reste de la sortie, je sens le reste de son petit corps passé entre mes jambes…Je le soulève et pose son corps tout chaud, tout mouillé, si doux contre mon ventre, et je fond en larmes, je viens de mettre au monde mon bébé, il est là, notre petit miracle…je suis maman !
Je répète « mon bébé, c’est mon bébé »
Il est 00h50 ou 55 on ne sait pas trop mais peu importe, Mattian est né !Anne et Christine sortent et nous laissent faire connaissance tout les 3…nous sommes dans une bulle, les premières minutes d’une famille qui se construit…Mattian est sur mon ventre, et moi je suis blottie dans les bras de mon homme.
Notre petit cœur pousse ses premiers cris, je l’accompagne et pleure moi aussi, je relâche toute la pression, je le touche, le caresse, lui parle, je lui dis « bonjour mon bébé, je suis ta maman », mon homme est émue, il n’arrête pas de me dire «ma puce tu es trop forte, merci ! merci de m’avoir fait un tel cadeau, comment tu as fait pour faire quelque chose de si merveilleux, de si fort, tu es merveilleuse, je suis fière de toi » ( je crois que jamais je n’ai ressenti autant d’amour, de respect, de reconnaissance de sa part même s’il est exceptionnel au quotidien, que c’est un homme très attentionné et tendre )
Mon homme touche son bébé, il lui fait pleins de caresses, il me dit encore mille mots d’amour…Il me dit qu’il est beau, que je l’ai réussi à la perfection…
( Pendant ce temps, maman filme nos premières minutes, elle pleure et me dit elle aussi qu’il est magnifique . )
Mattian qui est encore relié à moi par son cordon reste les yeux grands ouverts, il regarde partout, quand son papa lui parle, il lève les yeux pour le fixer.
Nous restons comme ça 35 minutes par là…puis Anne revient, elle regarde que le cordon ne batte plus, et elle le clampe pour que Flo puisse le couper.
Je peux enfin faire des bisous à mon bébé avant que Flo le prenne contre son torse en peau à peau le temps de la délivrance.
Là, je suis épuisée, et tellement sur un nuage que j’ai du mal à faire sortir mon placenta, Anne m’aide à m’accroupir au dessus d’une petite bassine, je pousse un moment mais il ne sort pas…Je me rallonge car trop fatiguée pour tenir ainsi…elle me masse l’utérus pour stimuler, c’est assez désagréable, je pousse encore et il finira par sortir après un long moment, je me sens vraiment DELIVRER c’est vraiment le mot !!
J’ai très mal en bas, Anne regarde, je suis bien déchirée, mon périnée était très tonic, il ne s’est pas assouplit…Elle regardera le lendemain voir si ca nécessite des points.
Maman et Christine rentre chez elles après m’avoir félicité.
Anne reste quelques heures, m’aide à me faire une toilette vite fait, et je retrouve mon bébé et son papa toujours en peau à peau…
On parle un peu, elle me dit « chapeau » qu’elle ne pensait pas que je gérerais aussi bien, que c’est rare de voir une primipare ( premier bébé ) qui tient aussi bien la barre et qui ne lâche pas, que j’ai une sacré volonté, je suis contente, je me sens fière de moi, je n’ai pas l’impression d’avoir aussi bien gérer que ça…je sais que ca aurait pu être beaucoup plus court, que mon bébé aurait pu arriver plusieurs heures avant mais j’ai pris le temps qui me semblait nécessaire pour bien vivre cette naissance, je ne me sentais pas prête à le laisser sortir au départ et j’ai retenu mon bébé ces quelques heures pour que les choses aillent plus en douceur pour moi...pour vivre cette « séparation » moins violement…j’ai eu besoin de ce temps pour accepter que la grossesse allait se terminer, qu’une nouvelle chose arrivait…encore plus magique…
Elle me dit aussi que si j’avais été en structure j’aurais eu le droit aux forceps, ventouses et tout le tralala, je suis bien contente d’avoir mis au monde mon bébé à la maison, dans le calme et la douceur …
Elle part vers 4 heures du matin.
Nous nous mettons au lit tous les 3, bébé passe ses premières heures les yeux toujours grands ouverts soit sur mon ventre soit sur celui de son papa…Il tétouille de temps en temps mais pas de vrais tétées ce premier jour…bien trop occupé à découvrir son nouvel environnement !
On ne réussi pas vraiment à dormir, on somnole un peu, mais nous avons du mal à décoller les yeux de notre petit ange ! C’est le plus beau jour de notre vie, on ne se lasse pas de dire à quel point il est beau, à quel point on l’aime, on lui fait pleins de bisous, on lui parle, lui souhaite la bienvenue…
Il prendra son premier bain dans la matinée, sans savon juste pour enlever le sang et les reste de vernix sur son p’tit corps mais on veut garder son odeur de bébé tout neuf, ça sent tellement bon ! On le renifle sans arrêt !
Il passe un long moment sur son papa pour que je récupère un petit peu, j’en profite pour faire quelques photos, mais j’ai beaucoup de mal à bouger avec la déchirure.
Flo se lève en fin de matinée et nous prépare un bon p’tit déj copieux ( je goûte ma fameuse tarte d'automne !!! ), qu’il emmène dans la chambre sur un plateau…je suis affamée !
Notre petite vie à 3 commence…