Merci pour tous ces messages, ça fait chaud au coeur
j'ai écrit le récit de l'accouchement comme il venait, mais étrangement j'ai du mal à le poster. mais bon j'ai toujours aimé lire vos récits et ai beaucoup profité de vos différentes expériences, alors je pense que c'est quand même à mon tour de partager maintenant.
Début octobre, on m’annonce lors d’une visite de contrôle à la mater que tu es placé très bas, appuyant sur mon col et comme j’ai depuis tout le long de ma grossesse des contractions passagères mais efficaces, la gynéco me balance en bloc que tu vas naître dans quelques jours.
C’est un vrai coup dur pour moi, parce que je ne me sens pas prête, nous n’avons pas encore emménagé dans notre maison, ton papa est toujours en déplacements et puis tu n’en es encore qu’à 36 sa. Alors pendant 1 semaine je me repose beaucoup, je fais le minimum du minimum pour te garder encore au chaud car je sais qu’il est encore trop tôt. Pendant cette période j’accepte aussi le fait que j’arrive au bout de cette grossesse et qu’il va bientôt être temps de passer à une autre aventure, et puis je continue de me préparer à cet accouchement qui me fait tant peur.
Nouveau rebondissement, la mater m’appelle car mon bilan hépatique n’est pas bon et ils veulent contrôler que tout va bien pour toi mon bébé. Je panique je ne veux pas y aller, d’autant plus que F. doit faire son dernier déplacement (3 jours dans le sud de la France). Tout le monde essaye de me rassurer en me disant que ce n’est qu’un contrôle et que si l’accouchement se met en route F aura le temps de rentrer (4h30 de route). Mais depuis le début j’ai l’impression que tout va aller très vite. F finit par annuler son déplacement et m’accompagne à ce RDV. Tout va bien pour toi tichat, mais je stresse tellement que durant cette journée je contracterai déjà toutes les 10 min pendant 7h. Le personnel de la mater nous laisse rentrer mais nous donne un RDV de contrôle la semaine suivante.
J’en suis à 38 sa. F. ne se déplace plus jusqu’à la naissance. Je me sens beaucoup plus sereine. Et puis on a emménagé enfin dans notre maison. Il y du bazar partout, mais j’ai d’abord envie que tout soit propre. Je fais du ménage et j’aménage tes petites affaires.
Lundi 26 au soir, je demande à F. de faire une photo de mon bidon. Je n’en ai pratiquement pas fait jusque là. On passe notre deuxième soirée tranquille en amoureux après trois mois de cohabitation chez la famille. Une partie de moi est très sereine, l’autre n’a pas du tout envie de retourner à la mater pour ce RDV, j’ai envie qu’on me laisse tranquille. Ça me stresse alors qu’au fond je sais que bébé va bien. Je dis en rigolant que j’aimerais bien que ce soit pour cette nuit comme ça on n’irait pas à la mater pour rien demain.
Mardi 27 – 4h15 : je sens quelque chose qui lâche entre mes jambes et un liquide qui s’écoule. Je me réveille immédiatement et dis « c’est pour aujourd’hui ! ». F réagit assez rapidement, se lève et s’habille, me demande si je veux aller à la mater tout de suite. Je lui répond que la poche des eaux a rompu (en fait elle était seulement fissurée), donc bébé doit naître aujourd’hui. Je prends aussitôt de l’homéo, fais du do-in et commence à déambuler partout dans la maison. Je veux que les contractions arrivent pour ne pas être déclenchée. Elles arrivent assez rapidement et sont régulières, toutes les 5 min.
Je boucle ma valise, fais cuire du riz pour manger ;-) F se rase, me propose de prendre un bain. Je suis partagée entre prendre le temps de rester chez moi pour y faire un maximum du travail et une partie de moi qui me dit qu’il faut partir. Je vois quelques traces de sang quand je vais aux toilettes et ça m’inquiète (je ne savais pas que c’était normal ). Finalement je dis qu’on va y aller parce qu’il y a quand même un petit peu de route. J’appelle mes parents pour leur dire qu’on part à la mater et qu’il fasse passer le message : les personnes présentes pour mon blessingway allumeront ainsi leur bougie et moi j’allume la mienne. Je te parle mon bébé en caressant mon ventre et te dis que notre rencontre est pour bientôt ; que tu t’es mis en chemin et que je vais essayer de t’accompagner au mieux. Je continue encore de marcher partout et de rassembler des tas de trucs à emporter. Les contractions continuent de s’intensifier, il faut vraiment y aller maintenant.
- 5h30 : on part en voiture, je suis à l’arrière pour avoir plus de place. Je peux étaler mes affaires sur la banquette. Je fais tout un discours à F. : que je l’aime et je lui rappelle les quelques points du PDN auxquels je tiens le plus. Puis je me mets dans ma bulle. Les contractions s’enchainent très vite (peut-être toutes les deux minutes). Quand la contraction arrive je dis « contraction » et je pense à la vague qui vient mais repart, à respirer et à appuyer sur les points énergétiques que j’ai appris. Je me penche en avant pour étirer le dos au max et à laisser la contraction faire son travail. Quand elle s’arrête, je pense à me détendre et à me relâcher le plus possible, j’appuie sur les points de la détente et de la récupération. Je continue aussi l’homéo.
Au loin, j’entends F. qui me parle, il répète souvent qu’il m’aime.
-6 h : on arrive à la mater, je suis soulagée parce que ça commence à être vraiment dur, mais en même temps j’ai très peur de ce lieu. Je prends du rescue et on y va.
On est accueillie par une élève sage-femme (aude je crois). Elle m’envoie faire des analyses d’urine avant de contrôler le travail. Les toilettes sont à l’autre bout des salles d’accouchement. Nous voilà donc à déambuler dans les couloirs. J’ai l’impression de complètement me déconnecter de mon corps, je pense juste à marcher, faire pipi, revenir…
Nous voilà en salle d’accouchement, Aude m’explique ce qu’elle va faire comme examens. Elle demande des papiers, pose des questions, je répond dans un état second ou bien est-ce F ? je commence à me sentir complètement dépassée, je suis toujours debout,penchée sur la table de travail. Aude veut m’installer le monito et le tensio. Elle est très patiente et attend que je lui dise que la contraction est passée pour faire ce qu’elle doit faire. Mais je me tortille sur cette table, je ne peux pas rester allongée, je suis assise, je me penche en avant. J’en peux plus je veux que ça s’arrête j’ai trop mal, j’ai l’impression que je vais mourir, je n’arrive plus rien à gérer. Je reprend du rescue. Et j’ai soif, toujours envie de boire. Aude dit qu’elle voudrait m’ausculter pour voir où j’en suis. On laisse passer une contraction et je m’allonge. Verdict : elle sent la tête de bébé, je suis à dilatation complète ! aude dit qu’elle va chercher quelque chose.
Après tout est très confus, je ne réalise pas bien. Je vois débouler quatre, cinq ? personnes. Tout le monde s’active autour de moi. Quelqu’un me pose une voie veineuse, je demande si elle peut être mise à gauche plutôt, on me dit qu’il n’y a plus le temps. F parle rapidement du projet de naissance je crois. Je ne comprend pas bien ce qui se passe. Je sens juste F à mes côtés, vigilant à ce qui se passe pour moi.
Je suis allongée sur le dos sur la table, on me dit que je peux pousser quand je le souhaite. J’essaye deux fois je n’y arrive pas, je sens que je bloque tout au niveau de la gorge, je sens pourtant qu’en bas bébé vient, pousse, mais j’ai peur. Je perds mes moyens, je dis que ça pousse, je m’y perds. Une sage-femme me recentre, me donne des directives très précises et je m’y raccroche. J’attrape mes cuisses avec mes bras et les ramène au maximum contre moi, je me reconcentre. Une poussée : j’ai l’impression que bébé est en train de tout déchirer sur son passage, ça brûle. On me dit d’arrêter, pour couper le cordon autour de son cou. Deuxième poussée : je sens que ça glisse et tout le liquide qui sort d’un coup.
Et là hop, j’ai mon tichat contre moi. Il est là, je ne réalise pas vraiment, je suis toujours dans un état second. Il a à peine couiner et se love déjà contre moi, il est tout chaud, tout rose, tout tranquille. F me dit que c’est un garçon, je n’ai même pas penser au sexe ! c’est mon bébé, il est là contre moi. Il est 6h50 !
F demande pour l’injection, mais j’ai quand même droit à l’occyto pour expulser le placenta. Celui-ci sort rapidement. Je n’en ai pratiquement aucun souvenir complètement dans ma bulle. Tout le monde repart aussi soudainement. Reste aude qui me recoud quelques points.
30 min après la naissance, thibald est ausculté, F. va avec lui, ils reviennent très rapidement. Tu fais 3, 080 kg pour 50 cm mon bébé. Une puéricultrice, très sympa, reste 5 min avec nous pour voir si la mise au sein se passe bien. Thibald tète comme un chef tout de suite. Elle donne quelques conseils mais je n’assimile pas trop ce qu’elle dit. Elle discute encore un peu avec F. Puis on reste tous les trois tranquille pendant 1h30, le temps de la surveillance. C’est un très beau moment, très fort, qui n’appartient qu’à nous trois et qui nous laisse le temps de commencer à nous découvrir.